Revendications de la CTES

Les revendications présentes sur cette page sont des axes de travail que la CTES souhaite voir être travaillés par l’ensemble des parties prenantes de l’Enseignement Supérieur. Une revendication ne pouvant par ailleurs pas être dictée si elle n’est pas accompagnée d’actions, cette page va aussi regrouper des ressources en lien avec les différentes revendications.  

Assurer l’existence d’un groupe de travail tripartite pérenne (avec étudiant·es, enseignant·es-chercheur·se·s, personnel) dans l’établissement dédié aux enjeux de transition

Depuis la création de l’Accord de Grenoble en 2021, la présence de groupes de travail tripartites (comprenant des étudiant·es, enseignant·es-chercheur·se·s et membres du personnel dans l’animation, la gouvernance et la réalisation du travail) fait partie des objectifs phares de l’Accord. Les précédents questionnaires de la CTES [2] [3] montrent que la grande majorité des établissements possèdent ce type de groupe de travail (93% des établissements répondants en 2023 en possède un). Cependant, cela cache de grandes disparités entre ces différents groupes, ainsi que dans la représentativité au sein de ces groupes. Ces derniers sont plus souvent fournis en Enseignant·es Chercheur·ses que d’autres cortèges, et les personnels techniques sont les plus souvent absents de ces groupes. 

Le questionnaire 2023 [3] avait mis en évidence la communication difficile sur ces groupes auprès des étudiant·es et l’efficacité de passer par les contacts associatifs pour les mettre en place. 

Avec cette revendication, la CTES réaffirme sa volonté d’aider et de pousser à la mise en place de Groupes de Travail (GT) tripartites dédiés aux enjeux de transitions fonctionnels et efficaces dans tous les établissements du Supérieur. 

Tous les établissements d’enseignement supérieur doivent avoir au minimum 1 personne à temps plein dédiée aux sujets DDRS en favorisant les contrats longue durée

Le suivi et la mise en place des enjeux de transition dans chacun des établissements de l’ESR est capitale, et ce suivi doit pouvoir être coordonné par une personne dédiée dans chaque établissement.

Aujourd’hui, avoir au moins un·e référent·e fait partie des obligations dans l’ESR. Cependant, ces postes sont souvent occupés par des chargés de missions dont la charge de travail est énorme. Dans une partie des établissements, ce sont des personnes de l’établissement, qui se voient libérer des quantités de temps infimes par rapport aux enjeux présents. De l’autre côté, un poste spécifique est ouvert, il est souvent un poste précaire, en CDD d’un ou deux ans, qui ne permette pas de prendre assez d’expérience sur toute la variété des sujets à traiter, et donc d’agir efficacement sur tous les fronts qu’il y a à mener.

Par cette revendication, la CTES affirme le besoin d’avoir des postes à plein temps et sur de longues durées pour permettre une transition socio-écologique efficace au sein des différents établissements. Elle affirme aussi le besoin de changer les discours auprès de la transformation socio-écologique de l’enseignement supérieur. 

Organiser une rentrée “Climat” dans tous les établissements de l’ESR qui intègre une vision systémique des enjeux de transition

Les rentrées climats sont des moments particuliers de la vie étudiante. Elles permettent d’avoir un temps dédié à la transition socio-écologique pour tous·tes les apprenant·es d’un établissement, et de prendre conscience des enjeux que le dérèglement climatique, les destructions environnementales et les crises sociales apportent. 

Cependant, les rentrées “Climat”, pour être efficaces, ne doivent être qu’une première étape de cours dédiés aux enjeux de transition socio-écologique. 

Ces cours dédiés doivent permettre aux apprenant·es de développer une vision systémique, et ainsi permettre de traiter d’autres enjeux que ceux liés au changement climatique, comme les enjeux de biodiversité ou les enjeux sociaux. Ces rentrées “Climat” devraient notamment s’intégrer dans une démarche d’adaptation des formations.

Avoir des cours dédiés aux enjeux de transitions socio-écologiques tout au long de la formation

La formation aux enjeux de transition est l’un des sujets qui a le plus avancé dans l’ESR lors de ces dernières années. La très grande majorité des établissements possèdent désormais un cours dédié à ces enjeux (en 2024, 76% des établissements ayant répondu au questionnaire annuel de la CTES possédaient un enseignement dédié dont 89% touchaient même la totalité des apprenant·es [2] ). Cependant, ces formations sont souvent d’un volume horaire sous les recommandations ministérielles (< 30h), et ne sont souvent concentrées uniquement sur la première année de formation. 

La grande diversité des formats de ces enseignements aux transition devrait permettre de trouver ceux qui possèdent un impact important, et engagent les apprenant·es à intégrer les enjeux de transition dans leur métier. Notamment, nombre de ces formations sont vécues comme non suffisantes par les étudiant·es pour les préparer aux enjeux de la transition socio-écologique [1]. Par ailleurs, des efforts sont encore à fournir sur les établissements qui ne possèdent pas de cours dédiés obligatoires pour l’ensemble des étudiant·es, qui représentent encore un grand nombre d’établissements (avec des disparités en fonction des types d’établissements). 

Avec cette revendication, la CTES réaffirme sa volonté d’aider et de pousser à la mise en place de cours dédiés aux enjeux de transitions fonctionnels et efficaces dans tous les établissements du Supérieur, pour tous les apprenant·es, et tout au long de leur formation. 

Intégrer de manière systématique pour tous les cours existants, des exemples, des méthodologies, et des réflexions sur l’intégration et l’évolution des matières enseignées aux vues des enjeux et des objectifs de transformation de la société

La transformation des cours spécialisés existants pour intégrer les enjeux de transition au sein de toutes les formations est l’un des chantiers les plus importants et les plus déterminants de l’ESR au vu des enjeux de transitions socio-écologiques. C’est cette intégration des enjeux à l’existant qui va opérationnaliser la transition dans les modèles de travail vers lesquels pousse l’enseignement. 

À l’heure actuelle, ce chantier est en très grande partie supporté uniquement par les enseignant·es, accompagné de ressources passives mises à disposition par les établissements [2], et le soutien en temps et en argent est loin d’être suffisant. 

Du fait de la difficulté de la tâche, une entraide serait forcément nécessaire pour permettre à tous·tes les enseignant·es de se former et d’adapter les cours.

Avoir une certification unique aux enjeux TEDS pilotée par le MESR et des spécialistes (pour les étudiant·es)

Aujourd’hui, l’engagement étudiant pour les enjeux de TEDS (Transition Environnementale et Développement Soutenable) est reconnu de manière hétérogène, avec des accompagnements très divers en fonction des établissements, et sans forcément de distinction entre les différents types d’engagement (association sportive, artistique, BDE, transition écologique). Cette situation amène souvent des étudiant·es à s’engager et à travailler pour la pour des causes sociales et environnementales de manière très invisible. 

Pour la CTES, cette situation est plus que regrettable, et nous souhaiterions, pour régler cette problématique, la mise en place d’une certification unique qui soit délivrée pour prouver un engagement particulier pour les enjeux TEDS et témoigner de l’importance de cet engagement. 

Valoriser l’engagement étudiant et citoyen avec un système adapté à la hauteur de l’engagement* et adaptable sur le contenu et la forme (orale, écrite…) de l’évaluation

* (aménagement de scolarité, crédits ECTS supplémentaires, open badge…)

L’engagement étudiant et citoyen est un des canaux de montée en compétences alternatifs et parallèles à la formation. Il est cependant souvent réalisé “en plus” de la formation scolaire d’origine, et sans forcément avoir une valorisation officielle, si ce n’est son évocation sur les CV et les expériences que cela offre pour les étudiant·es.

Nous pensons à la CTES que ce n’est pas assez au vu de l’importance du rendu de cet engagement pour les étudiant·es. C’est pourquoi nous affirmons que tous les établissements devraient réaliser, en discussion avec leurs étudiant·es, un format de valorisation qui soit adapté à l’engagement de chacun·ne et qui permette une véritable reconnaissance de l’engagement pris.  

Augmenter la participation de la recherche dans l’effort de transition socio-écologique

La recherche est un des secteurs ayant un impact indirect particulièrement important sur la société, et qui ne doit pas être sous-estimé. 

Aujourd’hui, la recherche est en mouvement pour mieux prendre en compte les impacts qu’elle produit sur la société et l’environnement, mais cela reste particulièrement hétérogène en fonction des sujets de recherche, et des laboratoires depuis lesquels la recherche est réalisée [2]. 

Les efforts d’évaluation au regard des enjeux sont hétérogènes, et se confrontent à des points de blocages, notamment en termes de temps disponible [3].

Il y a donc un travail conséquent à réaliser pour permettre à la recherche d’augmenter son effort dans les travaux de transition. 

Proposer un repas végétarien avec une offre diversifiée dans toute la restauration étudiante

Permettre d’avoir un repas végétarien attractif est l’un des leviers d’action importants pour transformer les habitudes alimentaires. 

Bien souvent, les restaurants universitaires permettent l’accès à un plat végétarien, mais pas forcément à une offre complète d’entrée, plat, dessert. Par ailleurs, il reste encore un enjeux de désirabilité des plats végétariens, qui peinent encore à être plus attirants que les plats comprenant de la protéine animale auprès de la majorité des utilisateur·ices.

La mobilité internationale ne doit pas être obligatoire et doit s’inscrire dans un projet mené par l’étudiant·e. L’établissement doit accompagner* au mieux les étudiant·es et la mobilité bas-carbone doit être fortement encouragée et valorisée.

*accompagnement administratif (choix des cours dans les universités, logement sur place, listes des partenaires,…)

La mobilité internationale est un moment important de la vie étudiante telle qu’elle est vécue en France. Cependant elle n’a pas qu’un impact positif, et crée parfois des problèmes, notamment quand elle est obligatoire.

En effet, la mobilité internationale est vue comme un des principaux points de blocage à la réduction de l’empreinte carbone des établissements de l’enseignement supérieur [2] [3]. L’avion reste un moyen de déplacement majeur, même en Europe, malgré le coût en carbone. (Enquête étudiante sur la mobilité internationale 2025). De nombreux·euses étudiant·es ont remonté un manque d’accompagnement de la part des écoles en amont et sur place. De plus, la mobilité représente parfois, lors des échanges académiques, une discontinuité pédagogique avec les études effectuées en France. Enfin, l’accès à la mobilité met en valeur des inégalités sociales. Les étudiant·es qui ont des problèmes financiers se limitent à l’Europe car le voyage coûte moins cher et les aides y sont plus importantes.  Les étudiant·es en situation de handicap sont également confronté·es à une limitation dans le choix de la destination.

Par ailleurs, de nos jours, la tendance des étudiant·es et des acteur·rices de l’ESR à considérer que plus une mobilité est effectuée loin, plus elle sera dépaysante et/ou enrichissante, pose problème. Cela engendre de longs voyages effectués la plupart du temps en avion. Il existe donc un enjeu très important à changer nos imaginaires et reconsidérer les destinations plus proches qui peuvent s’avérer très surprenantes. De cette manière, la mobilité bas-carbone est aussi plus facilement envisageable. 

C’est pourquoi, tant qu’un changement dans les pratiques n’est pas amorcé, la CTES porte le fait que la mobilité internationale ne devrait pas être obligatoire, mais être réalisée quand elle est portée par les étudiant·es dans le cadre d’un projet venant directement d’elleux. Dans tous les cas, la mobilité devrait être mieux accompagnée, pour pousser au changement des imaginaires, des moyens de transport, de la distance des destinations, et simplifier son accès pour le rendre accessible à tous·tes. 

Bibliographie – Ressources

[1] Consultation Nationale Etudiante 2023RESES – Consultation à destination de tous·tes les étudiant·es de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche sur les enjeux de transition Socio-écologique

[2] Questionnaire 2024 de la CTESCTES – Enquête envoyée aux établissements signataires de l’Accord de Grenoble en début d’année 2025, pour faire le point sur la transition dans les établissements

[3] Questionnaire 2023 de la CTESCTES – Enquête envoyée aux établissements signataires de l’Accord de Grenoble en fin d’année 2023, pour faire le point sur la transition dans les établissements